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Formation CO-construire

L’onglet “Découvertes et partages” rassemble les comptes-rendus et ressources que l’équipe de La Concertation souhaite partager. Vous y trouverez des exemples d’expériences inspirantes, des informations issues de formations, des liens utiles, etc. pour vous accompagner dans votre quotidien professionnel.

Article rédigé par Marie-Clémentinne Narbonnet, coordinatrice de la mission PECA à Bruxelles, et Mélanie Barré, chargée de projet – animatrice.

Marie-Clémentine et Mélanie ont participé à la biennale CO-construire à Tournai du 2 au 4 juillet 2025. Organisée par Culture.Wapi ASBL (agence culturelle de Wallonie picarde), le CRIE (Centre régional d’initiation à l’environnement) de Mouscron, COOPTIC Belgique et BEMUST, cette formation permet de vivre 3 jours d’immersion à la coopération, avec des formats, outils et méthodes d’intelligence collective ; qui cette année était axée sur la thématique du rapport au Vivant.

© Co-construire 2025

La 1ère journée nous a permis de participer à un démarrage collectif, de prendre connaissance du groupe dans lequel nous avions été réparti·es et de participer à des ateliers autour de la thématique (Re)devenir sensible, (re)faire attention, puis Décrire, enquêter, nommer.

Cet atelier avait pour but de nous donner un éclairage pour plonger dans la pensée systémique à travers l’exemple de la permaculture, afin de percevoir nos interdépendances avec le Vivant. Ressentir, comprendre, se reconnecter et tisser consciemment notre place dans les écosystèmes. Le but pour moi était double, à la fois en apprendre plus sur la pensée systémique, mais également via cet exemple prendre du recul pour mieux identifier les interdépendances possibles au sein du système PECA, analyser comment les interconnecter à l’échelle du bassin de Bruxelles-Capitale et travailler la notion de qualité des interactions pour participer à rendre le système PECA plus efficient.

Au cours de cet atelier, Laurent nous a invité à nous pencher sur différentes espèces animales et végétales, préalablement cueillies ou séchées. A l’aide d’une loupe et de ces explications, nous avons fait un premier pas pour porter attention aux espèces environnantes.

Au cours de cet atelier, Laurent nous a invité à nous pencher sur différentes espèces animales et végétales, préalablement cueillies ou séchées. A l’aide d’une loupe et de ces explications, nous avons fait un premier pas pour porter attention aux espèces environnantes.

L’atelier présentait le projet de podcast Metablob, qui regroupe différentes approches expérimentées par les enseignant·es d’Education Socioculturelle dans les établissements de l’Enseignement Agricole, à travers des projets où elles et ils proposent aux jeunes, par les arts, des conditions pour renouer avec le Vivant.
Le but pour moi était ici d’avoir un exemple documenté pour illustrer la pertinence de passer par les arts et la culture pour amener dans les écoles des projets d’éducation à l’environnement et plus globalement d’éducation aux transitions.
À noter :  l’enseignante avait choisi une thématique qui n’a pas intéressé les élèves. Les étudiants ont eux et elles-mêmes décidé de la réorientation du projet. Cet exemple montre à quel point le fait de passer par le sensible et les arts peut permettre aux enseignant·es de capter l’attention de leurs élèves et rendre le débat possible sur des sujets jusqu’à présent difficiles à aborder et de créer un cadre de confiance et de mise en réflexion personnelle extrêmement enrichissant dans la relation profs-élèves et au-delà.

Dans cet atelier Marie-Hélène nous a proposé d’appliquer le système des constellations systémiques à l’environnement et aux dynamiques de territoire. L’objectif étant de pouvoir utiliser cet outil pour amener le Vivant dans les questions urbanistiques. N’étant pas familière avec le système de constellation systémique, j’ai suivi les pistes et indications qui m’étaient proposées, laissant la spontanéité et l’intuitif prendre le relais sur le cérébral, pour explorer mon propre rapport au Vivant. C’était une plongée introspective assez inattendu dans ce contexte.

La thématique de la 2e journée était Coopérer, négocier, s’allier.

Cet atelier fut très instructif sur le système juridique français et le cadre existant actuellement pour protéger le Vivant. Il nous a permis de dissocier le droit de l’environnement du droit de la Nature, également de comparer avec le système en place en Belgique et enfin de voir comment le fait de ne pas reconnaître des droits à la Nature peut avoir un impact fort à la fois sur les vivants autres qu’humains mais également les vivants humains (pollution chimique, pesticides, qualité de l’eau…).
L’action de Wild Legal se concentre sur la mise en place de modalités d’action au niveau local, afin de faire en sorte que les habitant·es s’identifient au patrimoine naturel qui les entoure (fleuve, rivière, forêt, faune…) et deviennent ainsi acteur·ices pour définir collectivement un cadre de protection. La comparaison avec la Culture et les droits culturels concernant la participation et l’appropriation par les habitant·es me semble un sujet très intéressant à continuer de creuser.

C’est à partir des stéréotypes que nous avons vis-à-vis des classes populaires que la discussion s’est construire : comment retourner les « stigmates » que portent les classes populaires, pour trouver des ressources face à la crise climatique ? Comment les systèmes d’entraides et les économies de subsistances deviennent des leviers pour induire des changements ?

Un temps durant lequel les participant·es ont été invité·es à se questionner à travers différents sujets par le biais d’articles sur la relation existante entre la Culture et le Vivant.
Pour ma part j’ai choisi le lien avec le patrimoine à travers un article de David Irle portant sur les pertes culturelles liées au changement climatique (vous pouvez retrouver un extrait sur le podcast ci-après : Les pertes culturelles liées au changement climatique).
Cet atelier m’a permis de continuer la réflexion amorcée précédemment. En effet, à travers les crises climatiques que nous traversons et qui sont amenées à s’intensifier, nous assistons à la disparition de patrimoines, qu’ils soient bâtis, immatériels, vivants… et cela révèle à travers la perte vécue les liens forts existants entre Nature et Culture, patrimoines naturels et culturels. Cela nous amène à repenser la question au prisme des droits culturels, comment anticiper les pertes qui vont advenir et comment faire culture ensemble et se réinventer collectivement des patrimoines à partir des changements à venir.

Un outil pratique à retenir de ces rencontres ? La méthodologie de la chaise vide pour faire entendre une voix qui n’est pas présente. Le cadre posé ici permet de parler « au nom de » en conscience de la parole portée. Celui qui s’assoie sur la chaise se déplace, prend une respiration et nomme ce qu’il ou elle va représenter. On peut nommer à l’avance ce qui est représenter sur la chaise : les arbres, le vivant, les océans, les jeunes, les travailleurs et travailleuses, les habitant·es… et ainsi utiliser l’outil dans différents processus de réflexion.
Le risque de cet outil ? Prendre la parole à partir de stéréotypes et simplifier les vécus des personnes ou des entités représentées.
Une piste ? Multiplier les prises de paroles et être dans un registre lié au sens.
Pour plus de détails, retrouver la fiche méthode ici.

Cette méthode permet de représenter et faire dialoguer les intérêts des vivants humains et autres qu’humains autour d’une problématique territoriale ou organisationnelle. Dans notre cas, nous avons pu nous mettre en action à partir d’un projet à venir pour le réaménagement de la plaine des manœuvres située, juste à côté de la maison de la Culture de Tournai.

Pour cela nous avons été réparti·es en plusieurs groupes, représentants plusieurs espèces de vivants autres qu’humains et humains, afin d’identifier les intérêts de chacun·e et ainsi arriver à proposer un projet pour le réaménagement de la plaine des manœuvres prenant en compte les intérêts des différentes espèces.

Le dernier jour était consacré à une conférence de Sophie Gosselin, philosophe, autour de la thématique Habiter la terre en commun, à laquelle nous n’avons pas pu assister. Pour plus d’informations sur ce sujet, vous pouvez vous reporter à l’ouvrage de Sophie Gosselin et David gé Bartoli La Condition terrestre.

Au cours de ces trois jours d’ateliers et rencontres, nous avons pu découvrir différents outils qui nous ont souvent sorties de notre zone de confort, nous faisant emprunter des chemins de réflexions inhabituels, moins pragmatiques, faisant plus appel à notre instinct qu’à notre raison. De retour à Bruxelles, la question du lien Vivant s’infuse. Ce Vivant qui parait bien loin, comment intervient-il dans nos pratiques de médiation et d’action culturelle ? Quelle chaise occupe-t-il ?

Formation d’initiation au Parcours d’Éducation Culturelle et Artistique (PECA)

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Article rédigé par Marie-Clémentinne Narbonnet, coordinatrice de la mission PECA à Bruxelles

Une formation d’initiation au PECA (Parcours d’Éducation Culturelle et Artistique) a été proposée par le Service des Enjeux Culturels et Transversaux de l’Administration générale de la Culture (Fédération Wallonie-Bruxelles) à Mons, Seraing, Dinant et Bruxelles durant 5 dates courant juin et juillet 2025. Le Référent scolaire de Bruxelles-Capitale, dont l’activité est coordonnée par La Concertation Action Culturelle Bruxelloise, a co-animé un atelier dans ce cadre.

Cette formation mise en place par la Fédération Wallonie-Bruxelles (Solange Deberg), en partenariat avec l’INAS de l’UMons (Emilie Carosin et Jessy Heidelberger), avait pour ambition de transmettre les bases du PECA et était destinée aux artistes, intervenant·es, médiateur·ices novices sur ce sujet.

L’objectif de cette formation théorique était de permettre aux participant·es de :

  • S’approprier un vocabulaire relatif au PECA permettant d’interagir de façon efficace avec d’autres acteur·ices (culture, éducation, administration) ;
  • S’orienter dans les sources d’informations utiles à la rencontre du milieu scolaire ;
  • Se situer dans les différentes modalités de pistes d’interventions PECA propres aux secteurs culturels. 

La méthodologie de cette formation a permis d’alterner des temps de réflexion et des mises en pratique sur les thématiques suivantes :  

  • Le vocabulaire PECA (des acteurs et actrices, rôles, etc.) ;
  • Les diverses ressources utiles à la mise en œuvre d’un projet en contexte scolaire ;
  • Un temps de développement de projets PECA et de présentation des projets ;
  • Un temps d’évaluation de la formation et des compétences développées. 

Dans ce cadre, la coordinatrice du Référent scolaire de Bruxelles-Capitale a répondu aux nombreuses questions concernant le rôle du Référent scolaire et les possibilités pour les participant·es de proposer des activités ou projets dans le cadre du PECA.

Elle a également co-animé un atelier sur le sujet des traces dans les projets PECA : en quoi sont-elles utiles ou pas ? À qui peuvent-elles être destinées ? En quoi permettent-elles de valoriser le processus créatif vécu par l’élève ? En quoi permettent-elles de faire du lien avec le reste de l’école, l’entourage familial, les structures culturelles locales, le territoire… ?

Ces formations sont désormais clôturées, mais si vous identifiez des besoins en termes de formations relatives au PECA au sein de votre structure, n’hésitez pas à en faire part à la coordinatrice du Référent scolaire de Bruxelles-Capitale par mail : mc.narbonnet@laconcertation-asbl.org. Le Référent scolaire peut ainsi recenser les besoins et éventuellement proposer la mise en place de nouvelles formations.

Workingprogress : le travail continue pour la diversité dans le secteur culturel

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WORKINGPROGRESS : le travail continue…

Article rédigé par May Bissar, Animatrice en charge du volet médiation

Il y a quelques semaines, je me rendais au cycle de conférences participatives Workinprogress organisé par RABKO qui aborde les questions de diversité dans le secteur socio-culturel et plus spécifiquement l’antiracisme à travers trois axes : publics et espaces, programmation et partenariats & ressources humaines. Je vous partage ci-dessous ce que j’ai appris à ce sujet.

> Écoutez le podcast de ces sessions passionnantes.
> Consultez le guide Workinprogress antiraciste de Africalia et RABKO.

De tous temps, la culture a accompagné et a fait naître de grands changements politiques. Elle a un rôle déterminant à jouer dans nos choix de modèles de société. Bien sûr, nous ne voulons pas risquer de tomber dans l’artwashing. La médiation, la culture et l’art ne se suffisent pas à eux-mêmes et ne peuvent pas servir d’étendard pour cacher un manque d’engagement du secteur politique sur la résolution des violences systémiques. Pour que nos métiers soient porteurs de sens, notre travail doit être soutenu par des politiques sociales et inclusives fortes.

Mais le problème se trouve aussi au sein même de notre secteur : La culture est souvent elle-même incubatrice d’inégalités sociales, de racisme. Parfois, cela se manifeste de façon assez insidieuse car la culture se pense protégée de la responsabilité des exclusions.

Ce milieu socio-culturel ne serait pas qu’un modèle d’inclusion, de diversité. Les discriminations s’opèrent donc souvent par invisibilisation : des artistes qui ne sont pas recruté·es, qui ne peuvent pas performer, qui ne sont donc pas vu·es. L’invisibilisation est une forme de racisme, il est temps qu’elle soit visibilisée ! Ceci dit, les pistes de solutions abondent…

Une des premières étapes pour pouvoir penser ce problème est de disposer d’outils pour constater, mesurer, effectuer un diagnostic. Sans recensement, cela s’avère compliqué… Et à ce jour, il n’existe pas vraiment d’obligation ou de disposition légale générale permettant à tout·e un·e chacun·e de mesurer la diversité ethnique dans le secteur socio-culturel. UNIA détient cette compétence-là avec les equality data concernant entre autres les critères raciaux, notamment grâce à l’auto-définiton, méthode intéressante et pertinente.

Actuellement, je suis en contact avec une travailleuse d’UNIA qui réfléchit à ces questions. Je prévois de la rencontrer bientôt.
Si vous êtes intéressé·es de participer au rendez-vous, aux réflexions, si vous avez des pistes, des idées,
vous pouvez m’écrire : m.bissar@laconcertation-asbl.org

En attendant des diagnostics plus approfondis, plusieurs chemins sont possibles pour penser la diversité dans le secteur. Ils peuvent être empruntés conjointement. Ceci dit, il faut évidemment établir des priorités avec les ressources et moyens dont nous disposons, sans lesquelles nous ne pourrions pas avancer.

  • Ressources humaines

« On voit souvent plus de diversité dans les équipes des entreprises que dans les équipes du secteur culturel ». (Mabiala MBEKA, chargé de projets en coopération culturelle)

Un des éléments clés est le décloisonnement institutionnel. On le sait, le secteur socio-culturel est un « petit monde », où l’on se connait bien car on a fréquenté les mêmes écoles, les mêmes lieux, les mêmes mouvements de jeunesse… L’écrasante majorité des jobs à Bruxelles se trouve par le réseau ! Alors, il faut bien imaginer que ce milieu est rempli de codes, d’attendus spécifiques, de normes. Et puis, pouvoir travailler dans le secteur socio-culturel n’est pas accessible à tous·tes car il faut pouvoir disposer des ressources nécessaires pour faire face à l’incertitude et à l’instabilité.

Pour avancer vers un décloisonnement institutionnel, nous avons donc besoin d’un soutien et d’une confiance des instances décisionnelles, de politiques qui favorisent la mixité sociale, dans les écoles et les quartiers dès le plus jeune âge… De notre côté, il nous faut ouvrir nos milieux, partager les codes implicites, réfléchir aux attentes trop figées lors des processus de recrutement et expliciter les prérequis.

> Écoutez à ce sujet le podcast de Dramathis « le théâtre, un truc de blancs ? ».

Un diagnostic de la diversité peut être entamé afin de se rendre compte de certains de nos biais et de certaines discriminations opérées dans le recrutement et souvent peu conscientisées : la maternité, les handicaps (notamment invisibles), la diversité culturelle… Ce travail de longue haleine peut se faire avec un accompagnement de la part d’un·e professionnel·le et nécessite de pouvoir se remettre en question, prendre parfois des initiatives plus radicales, comme les quotas.

Voici quelques références de professionnel·les ou organismes pouvant nous accompagner dans ce travail :

Diversité :

Il est important aussi de discuter en équipe autour des notions de care, de bien-être au travail, viser la transparence dans la transmission d’informations.

  • Espaces

Accessibilité, adéquation, adaptabilité, pertinence des dispositifs, des espaces, des horaires (parentalité, période de fêtes, de vacances, évènements religieux, etc.), ces aspects sont également une source infinie de potentielles améliorations ! Les lieux culturels peuvent être très impressionnants et parfois conçus uniquement pour un public habitué, blanc et valide. Pour travailler cela, on peut collaborer avec des personnes issues de la diversité (tout en les rémunérant évidemment comme elles sont spécialistes de ces questions) qui viennent tester nos lieux socio-culturels et donner leurs avis sur l’accessibilité de ces espaces.

> Concernant l’accessibilité, lire la publication « En accès limité », le guide du Poisson sans bicyclette sur l’accessibilité.

  • Communication

Plaidoyer pour une communication inclusive, diversifiée, Facile à Lire et à Comprendre, claire et prévoyante ! Il est intéressant aussi de pouvoir utiliser la communication pour visibiliser les progrès effectués au niveau de la diversité et de les transmettre pour inspirer.

> Voir par exemple la charte du BRASS concernant les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la charte diversité & inclusion de Bruxeo concernant la diversité dans les espaces socio-culturels.

  • Partenariats & Programmation

Il importe de toujours se demander si on n’est pas en train de prendre la place d’une autre personne, de raconter son histoire et dans tous les cas, essayer d’expliciter d’où on parle. La flexibilité est importante pour explorer divers chemins pour entrer en contact, ouvrir les possibilités, aller chercher des émergences variées dans des endroits dont on n’entend pas parler, qu’on ne voit pas.

> Écoutez le podcast Les Apéros Culturels « Le milieu culturel inclusif : une réalité » abordant les inégalités de genre dans le secteur de la musique.

Pour éviter le tokénisme, il est important que les partenaires puissent participer au projet sur le long terme, aient un pouvoir de décision, soient consulté·es… et ne soient pas figé·es dans leur identité. « Tout ce qui est fait sans nous, sur nous n’est pas pour nous », disait Nelson Mandela.

Cela passe aussi par des modèles et chartes de partenariats équitables, justes, pertinents et réfléchis en collaboration avec une diversité de personnes.

> Voir la charte de partenariat co-construite d’Exil.s & Création.s.

Une manière de répondre aux besoins des citoyen·nes est d’adapter sa programmation à la l’actualité politique, environnementale et sociale. Les lieux de culture ont aussi pour missions de pouvoir offrir des espaces de discussion sur les incertitudes du monde et d’incarner un endroit où loger, recueillir des préoccupations actuelles. Mais bien souvent, les calendriers institutionnels compliquent ce rapport à l’actualité. Beaucoup de dispositifs peuvent être pensés pour laisser de la place à ce qui se passe au présent, de façon formelle ou informelle, en déchargeant certaines périodes, en laissant l’actualité se glisser dans les interstices des programmations déjà établies, en communiquant…

La pluralité d’avis et de regards est primordiale pour s’assurer de la diversité dans la programmation. De plus en plus de théâtres se cogèrent à plusieurs, pour représenter une multitude de sensibilités, Le Théâtre de la Vie par exemple.

Il est important aussi de créer des espaces spécifiques pour rencontrer des artistes invisibilisé·es avec lesquel·les collaborer. Par exemple ‘Queer as Pro’, un évènement de rencontre entre artistes queer et travailleurs, travailleuses socio-culturel·les a été co-organisé par Freaks & Merveilles & le Central, le Centre Culturel de La Louvière.

> Retrouvez leurs échanges enregistrés ici.

Le conseil d’orientation dans les Centres culturels est un bon outil pour rester à l’écoute des besoins du quartier, pour autant qu’il soit lui aussi composé de diversité, ce qui peut être compliqué vu les engagements non-rémunérés demandés. Un comité de spectateur·ices peut également être une piste intéressante.

> Voir l’agenda Métisse, de Ti Suka et Comocongo recensant 55 représentations « black » de nos structures membres entre septembre 2024 et janvier 2025.

  • Publics

Pour recevoir des « publics » diversifiés (est-ce que le terme de publics est assez pertinent étant donné qu’il rend passif ?), les autres axes doivent être travaillés et réfléchis (accessibilité des espaces, prise en compte des diverses temporalités, communication inclusive, programmation et équipe variée). La médiation joue un rôle fondamental dans l’approche et l’accroche des publics, la création de liens culturels. Il est important qu’elle soit forte et valorisée, sans cesse requestionnée, prise en compte dans les décisions d’équipe et en concertation constante avec les autres champs de travail, notamment la programmation. Une médiation qui s’appuie sur le mélange, la mixité et qui assure l’application des droits culturels est une médiation qui se rapproche aussi de l’éducation permanente et vise l’autonomisation des groupes dans les espaces en valorisant les différentes cultures et formes d’expression.

D’ailleurs, ce n’est pas parce que certaines personnes ne se rendent pas dans des Centres culturels agréés qu’elles n’ont pas leur propre lieu de culture, aussi variés qu’ils soient. Il ne s’agit donc pas par-là de forcer la diversité mais bien de saisir les réalités de terrain pour nous adapter, trouver des compromis. Cela suppose que les travailleurs et travailleuses prennent le risque de se laisser transformer par les envies et besoins des habitant·es du quartier, même si cela ne répond pas à leurs propres attentes projetées sur les publics, à leurs propres désirs culturels et normes esthétiques.

Il nous faut veiller à ce que la médiation culturelle ne devienne pas un outil de pacification de ces diverses cultures et des revendications, des histoires de domination, qu’elle ne soit pas une manière pour l’institution de signer des œuvres, de s’approprier un espace, d’assoir une culture hégémonique blanche. Le, la médiateur·ice doit être prêt·e à pouvoir s’effacer, c’est là tout le paradoxe de son rôle. Pour cela, Olivier Marboeuf parle d’une médiation sorcière : une forme de rencontre interdépendante lors de laquelle le, la médiateur·ice devient intermédiaire et se déplace, hors des murs ; une médiation discontinue, libre, réparatrice, sensible, collective, hybride, imprévisible, mouvante, transformatrice, loin de la peur du savant et la dévalorisation du populaire.

Si la médiation s’exerce parfois au sein de murs, ceux-ci devraient rester poreux. Il nous faut donc réfléchir à des portes d’entrée variées qui peuvent s’adapter à différents besoins et envies (symboliquement et littéralement) : une exposition, un apéro, un repas, une location, une soirée jeux de société, etc. ainsi que de travailler sur un accueil chaleureux, ouvert et inclusif !


En conclusion, nous avons une responsabilité et un rôle à jouer, tous·tes, peu importe le poste qu’on occupe. C’est un travail collectif : il faut se retrousser les manches pour créer des espaces d’échanges sur le sujet de l’exclusion culturelle avec les personnes principalement concernées, lutter pour chercher et embaucher des artistes et des travailleurs et travailleuses minorisé·es et invisibilisé·es, co-créer des communautés en mouvement, trouver des stratégies pour intégrer le spontané à l’institutionnel, s’offrir du temps hors du calendrier institutionnel pour laisser la place à d’autres récits : des récits émergents, surprenants, engagés.

Une multitude de groupes que vous pouvez rejoindre travaillent sur ces questions. En voici certains :

Au sein du réseau de La Concertation, nous travaillons avec un groupe de réflexion sur la programmation de rencontres Hélices autour de ces thématiques lors desquelles des intervenant·es spécialistes seront invité·es. Ces questions de diversité sont également pensées en transversalité à travers les diverses missions et activités de La Concertation.
Si vous êtes intéressé·es, vous pouvez contacter May :  m.bissar@laconcertation-asbl.org

N’hésitez pas à nous partager vos ressources et pratiques !

Résistances culturelles

L’onglet “Découvertes et partages” rassemble les comptes-rendus et ressources que l’équipe de La Concertation souhaite partager. Vous y trouverez des exemples d’expériences inspirantes, des informations issues de formations, des liens utiles, etc. pour vous accompagner dans votre quotidien professionnel.

Résistances culturelles

Article rédigé par May Bissar, Animatrice en charge du volet médiation

Flash-back du mercredi 26 mars à 9h : ça commence à grouiller de vie sous le chapiteau coloré de la Compagnie des Nouveaux Disparus situé à l’orée du parc Josaphat…

Cet atelier est mis en place pour préparer le grand rassemblement du secteur socio-culturel le 31 mars sur la place de la Monnaie devant le théâtre pour protester contre le système politique précarisant et vulnérabilisant notre secteur. Ce sera mélangé, festif et revendicateur !

Le Théâtre Royal de la Monnaie a accompagné la naissance de la révolution belge, le 25 août 1830 alors qu’était performée La Muette de Portici. Un opéra peut sembler inoffensif, paisible surtout quand il met en scène une histoire (de révolution du peuple napolitain, d’accord) mais lointaine. Et pourtant, une révolution en appelle aux autres, la culture permet toujours de trouver un chemin : en escaladant les barricades, en creusant une galerie souterraine, en imprégnant l’air d’une mélodie… Tout un symbole donc !

Voici un petit compte-rendu de ce qui se passe donc le 26 mars, dans ce chapiteau, en partenariat avec la Compagnie des Nouveaux Disparus. Nous nous y rassemblons autour de trois questions cristallisant nos besoins :

  • « Quelles sont nos peurs ? » : Nous identifions ensemble ce qui, concrètement, nous fait peur dans le système politique.

    Nous avons peur de la précarisation du secteur et de nos droits de travailleurs et travailleuses à cause de la possible limitation du statut d’artiste, du manque de postes disponibles faute de subsides ou alors de postes pas assez bien payés, trop flexibles et épuisants ;

    Nous avons peur de l’éloignement de certains publics, déjà en situation de vulnérabilité, vis-à-vis des structures culturelles ou plutôt de l’éloignement des structures culturelles par rapport à certains publics ;

    Nous avons peur de la normalisation de l’extrême droite, de l’individualisme grandissant et des logiques marchandes et privées qui s’appliqueraient à la culture ;

    Nous avons peur de l’érosion de notre démocratie, de l’augmentation de l’intolérance, des discriminations qui menacent les droits humains et culturels ;

    Nous avons peur.
  • « Quelles sont les cultures du futur ? » : Il est bon parfois de parler d’utopies pour répondre aux peurs ! Les utopies sont parfois très proches de la réalité, bien plus qu’on ne le pense… Mais alors comment imaginons-nous le futur de la culture, à quoi voudrions-nous qu’il ressemble ?

    Nous voudrions que la culture soit représentée et présente partout au niveau politique (par exemple qu’il y ait des ministres de la Culture dans tous les ministères) ;

    Nous voudrions que l’on puisse valoriser toutes les cultures et en parler au pluriel ;

    Nous voudrions qu’elles soient plus accessibles à toutes et tous, que ce soit par les horaires, les tarifs, les espaces, les programmations, etc. ;

    Nous voudrions que les cultures soient libres et indépendantes, reconnues comme essentielles pour ne pas être des victimes collatérales des diminutions de subsides octroyés au secteur non-marchand, des fractures institutionnelles, de la bureaucratie ;

    Nous voudrions qu’elles ne soient plus dépendantes de la politique en place : une affaire de gauche et de droite ou une affaire communautaire, de néerlandophones ou de francophones.

    Nous avons espoir.
  • « Comment se mobiliser ? » : La culture est festive, elle est joyeuse, oui, mais cela ne doit pas l’empêcher de pouvoir revendiquer, oser dire non, refuser, prendre l’espace public, qui nous appartient à toutes et tous. « Les cultures », sont sérieuses et aussi politiques !

    Les relations entre les pouvoirs subsidiants et les Centres culturels sont très fortes. Les voies de résistance sont donc ambiguës, mais nous pouvons justement utiliser ces relations de proximité pour faire valoir nos intérêts en utilisant nos compétences comme les médias et la communication pour exprimer clairement ce que nous désirons, ce qui est nécessaire. Il est également important que les luttes convergent pour faire valoir ces cultures au pluriel, nourries et renforcées par la diversité.

    Nous nous mobilisons et mobiliserons.

Sur base de ces échanges, nous préparons de belles pancartes. Voici quelques photos de cette rencontre. Merci beaucoup à celles et ceux présent·es !

Nous ne prévoyons pas tout de suite de réorganiser des ateliers comme celui-là, mais nous prévoyons de relayer régulièrement, via la newsletter et le blog, les contributions et propositions du réseau. D’ailleurs, si vous organisez une action/une rencontre en lien avec l’engagement du secteur socio-culturel ou si vous voulez en discuter,
vous pouvez contacter May Bissar : m.bissar@laconcertation-asbl.org.

Prochainement, une interpellation au nom de la société civile réunie dans la campagne « Nous existons… toujours » sera adressée aux commissions parlementaires et est en cours de préparation suite à l’action du 4 avril.

Voici la carte blanche en question, que vous pouvez toujours signer.

Si vous voulez participer à cette future audition en commission parlementaire, voici la personne de contact pour les réunions préparatives : mark_michiels@skynet.be

Et en attendant, chaque mois, des manifestations sont organisées par les syndicats et le secteur socio-culturel fait partie de la lutte ! La prochaine est le 22 mai. On vous tiendra au courant si on prévoit un rassemblement.

Formation Médiation, Module 3 « Outils de médiation : les arts plastiques »

L’onglet “Découvertes et partages” rassemble les comptes-rendus et ressources que l’équipe de La Concertation souhaite partager. Vous y trouverez des exemples d’expériences inspirantes, des informations issues de formations, des liens utiles, etc. pour vous accompagner dans votre quotidien professionnel.

Formation Médiation, Module 3 « Outils de médiation : les arts plastiques »

Article rédigé par Sophie Colard Delander, Chargée de projet

En janvier dernier, la formation médiation organisée par La Concertation Action Culturelle Bruxelloise se concluait. Son troisième et dernier module portait sur les outils de médiation en arts plastiques.

Mené par Lora Debelle, formatrice à Mouvance ASBL, le groupe s’est prêté au jeu de l’expérimentation. Comment faire pour qu’un groupe regarde une œuvre, s’y plonge et s’y intéresse réellement ? C’est à partir de cette envie d’ « éveiller le regard » que nous sommes parti·es à la découverte de différents outils.

Outil n°1 : Complète l’œuvre
Tu reçois un fragment d’une œuvre et tu dois imaginer et dessiner le reste. Ensuite, à toi de la retrouver dans l’exposition pour la découvrir en entier !
Mini tips : privilégier des œuvres riches en détails.

Outil n°2 : Ecrit l’œuvre
Décris une œuvre le plus précisément possible par écrit. Une autre personne devra la dessiner sans l’avoir vue, puis tenter de la retrouver dans l’expo.
Mini tips : c’est un excellent jeu pour enrichir le vocabulaire artistique (ex : arrière-plan, perspective, etc.)

Outil n°3 : Dessine l’œuvre
Une personne dessine une œuvre sur le dos d’un·e partenaire, qui doit ensuite la reproduire sur papier. À la fin, on compare avec l’original.
Mini tips : l’activité fonctionne d’autant plus lorsque les différentes œuvres tournent autour d’une thématique précise, ainsi les publics savent un minimum à quoi s’attendre.

Outil n°4 : Trouve le secret
Une personne choisit un « secret » dans l’expo (ex : une date, un détail insolite) et le dit aux autres. Leur mission : le retrouver dans l’exposition !

Outil n°5 : Top chrono !
Face à une œuvre, les participant·es doivent la dessiner en un temps limité. On répète l’exercice en réduisant progressivement le temps imparti.
Mini tips : privilégier des œuvres aux lignes marquées pour travailler des notions comme la perspective ou les lignes de fuite. C’est une activité qui est très utile pour redynamiser son groupe en milieu de visite.

Et pssst, vous vous souvenez de l’article de Madeleine sur les outils de médiation en arts de la scène ? Le principe de la conversation philo vous a inspiré ? Et bien j’ai encore deux, trois autres ressources à vous partager :

  • les publications de Philéas & Autobule : à chaque numéro est rattaché un dossier pédagogique avec des outils pour son utilisation.
    Chaque numéro est thématisé et permet de traiter de sujets divers et variés. Par exemple, « l’égalité c’est possible », jusqu’à « c’est quoi l’art ? » en passant par « les frontières, pour quoi faire ? ».
  • le travail du Pôle philo dont, entre autre, ses publications « Penser & Créer »

Armez-vous d’une tasse de thé, d’un bloc note et partez à la découverte de ces lectures, vous y trouverez forcément quelque chose !

Oser l’évaluation des droits culturels : un défi collectif !

L’onglet “Découvertes et partages” rassemble les comptes-rendus et ressources que l’équipe de La Concertation souhaite partager. Vous y trouverez des exemples d’expériences inspirantes, des informations issues de formations, des liens utiles, etc. pour vous accompagner dans votre quotidien professionnel.

Oser l’évaluation des droits culturels : un défi collectif !

Article rédigé par Sophie Colard Delander, Chargée de projet

Le mardi 4 février, l’ASTRAC organisait sa Journée de rencontres professionnelles, la JPRO 2025. À l’occasion de cette journée, les professionnel·les en Centres culturels (et d’ailleurs) se sont rassemblé·es et chacun·e a pu choisir un atelier.

L’atelier n°8 s’intitulait « Saisir les impacts d’une action au regard des droits culturels : mission impossible ou atout ? ». Accompagné·es de Thibault Galland (Plateforme d’observation des droits culturels), de Pascale Pierard (Centre culturel Ourthe et Meuse) et d’Anne Aubry (Réseau Culture 21), nous avons amorcé une réflexion autour des freins, des outils et des méthodes d’évaluation de nos actions au regard des droits culturels.

L’obligation des Centres culturels ? Évaluer les droits culturels et trouver du sens à cette évaluation.
L’objectif de cet atelier ? Identifier les difficultés et les outils dans cette évaluation, et surtout, partager des pratiques !

Les difficultés sont parfois dures à surmonter :

  • La multiplicité du référentielle et les problèmes de traduction ;
  • Les méthodes de collecte et de traitement d’informations ;
  • La parfois non-représentativité des témoignages et l’illégitimé de l’analyse sensible ;
  • La lourdeur des tâches administratives ;
  • L’implication de chacun·e dans le processus d’évaluation : l’équipe, le CO, les publics, les partenaires, etc.

Mais ce qu’on retient surtout de cet atelier ce sont les leviers mobilisés par les équipes. Et presque symboliquement, le tableau débordait d’idées :

  • Valoriser :
    • les discussions informelles et ce, avec la transversalité des postes car l’entièreté de l’équipe est confrontée aux droits culturels et leurs appropriations par le public ;
    • l’expression directe : témoignage, photo, théâtre-action, etc. ;
    • l’évaluation continue ;
    • les méthodes inductives.
  • Instaurer une boucle permanente : de la conception à l’évaluation du projet ;
  • Être accompagné·e ;
  • Faire des choix : entre les référentiels et les aspects à évaluer, etc.

Et surtout, oser l’expérimentation, oser évaluer par le jeu, oser se tromper, oser la créativité, oser pratiquer, oser, oser, oser !

Pour les curieux et curieuses, le récapitulatif de l’atelier est disponible sur le site de l’ASTRAC.

Et pour les encore plus curieux et curieuses, cet atelier ouvre un chantier qui sera mené en plusieurs étapes en groupe de travail, avec l’accompagnement de Anne Aubry pour Réseau Culture 21. Au programme, entre autres, la co-construction de repères méthodologiques. Il est encore temps de s’y joindre.

Formation médiation culturelle module 2 « Outils de médiation : Arts de la scène et pluridisciplinaires »

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Formation médiation culturelle et artistique : 2e rendez-vous du module 2 « Outils de médiation : Arts de la scène et pluridisciplinaires »

Article rédigé par Madeleine Pierloot, Adjointe à l’administration du réseau

Ce 12 décembre, au Centre culturel Le Jacques Franck, Lora Debelle, formatrice de Mouvance ASBL, nous a fait vivre, à moi et les autres participant·es de cette rencontre, une médiation facilement réalisable pour tous types de spectacles des Arts de la scène.

Le public cible : les enfants.

Le point de départ : Imaginer une affiche sur base des informations du spectacle. 

Mais avant cela, elle a questionné notre place et nos pratiques : Sommes-nous à l’aise avec les médiations que nous proposons ? Considérons-nous que nous possédons une « patte » qui nous est propre ? Aidons-nous d’outils déjà existants pour créer nos médiations ?

L’objectif était de montrer qu’il existe autant de médiations que de médiateurs et de médiatrices. Mais aussi et surtout, que c’est en réalisant des ateliers que l’on acquiert la confiance et les capacités de médiation et que pour commencer, il ne faut pas hésiter à utiliser des outils et méthodes préexistantes, testées et approuvées.

Cela vous intéresse ? Si oui, voici quelques outils réalisés et/ou rassemblés par Lora, qui pourront vous accompagner dans la création de vos prochaines médiations :

Visibilité sur LinkedIn

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Visibilité sur LinkedIn

Article rédigé par Laura Mélardy, Chargée de communication suite à une formation donnée par Solange De Mesmaeker (Les branchées).

LinkedIn est la seule plateforme dont le moteur n’est pas le divertissement (contrairement aux autres réseaux sociaux). Les utilisateur.trices y vont pour s’informer et entretenir des relations avec des gens qu’ils, elles ne connaissent pas forcément.

Lorsqu’on publie des informations sur les réseaux sociaux, il faut garder en tête qu’on s’adresse aux gens (les publics) et aux robots (les algorithmes).

Chaque réseau social a sa ligne éditoriale et LinkedIn en a une spécifique :

  •  Un contenu propre, c’est une mauvaise idée d’y copier-coller des posts d’autres réseaux sociaux ;
  • Un public cible : des travailleurs, travailleuses d’en moyenne 40 ans. Public majoritairement masculin. Les jeunes et les vieilles personnes n’y sont pas.
  • LinkedIn touche certains secteurs : par exemple : l’HORECA et le divertissement y sont très peu présents. Globalement, on peut se dire que les gens qui travaillent debout ne s’y trouvent pas.
  • Fonctionnalités : CV en ligne, partage d’infos, like de posts.

Il faut changer la vision que l’on a de LinkedIn. Il ne s’agit plus uniquement d’un endroit où on cherche un emploi mais c’est dorénavant un lieu où on crée un réseau digital, on trouve des infos qualitatives (si le réseau est bien développé) et on s’informe.

Est-ce cohérent pour un.e chargé.e de communication du secteur culturel d’être présent.e sur LinkedIN ?

LinkedIn peut faire la promotion d’un projet si son public cible y est présent. Il est aussi bon de regarder comment les concurrent.es, les partenaires, collaborateur.trices communiquent sur cette plateforme.
Si on fait le choix d’être sur LinkedIn, il ne faut pas y être à moitié, car on y sera peu visible et ça ne fonctionnera pas. Il faut d’ailleurs être au fait des comptes qui sont ouverts à notre nom ou à celui de notre lieu de travail. S’il y a des comptes qui ne sont plus alimentés, il vaut mieux les fermer !

Quelle stratégie ?

Il s’agit d’un ordre à suivre, de la cohérence de la stratégie.
Une page (pour une structure) ne sera pas visible sans profils (de personnes). Pour que la visibilité augmente sur LinkedIn, il faut des profils à jour et actifs.

Le profil est donc une porte obligatoire pour entrer sur LinkedIn. Le profil n’est plus un simple CV mais un mini site.

Le profil se compose des éléments suivants :

  • Une photo de profil qui sert à valoriser un secteur. La photo doit coller avec les attentes de notre secteur (On évite une photo prise sur la plage si notre activité professionnelle n’est pas en lien avec cet environnement.) ;
  • Une photo de couverture : un visuel parlant, lié à la fonction professionnelle ;
  • Un titre de profil : l’objectif est de se définir à l’aide de mots stratégiques afin d’être facilement repérable par une personne effectuant une recherche : titre de notre fonction + le secteur dans lequel on travaille + des compétences. Il faut se mettre dans la peau de celles et ceux qui vont « nous chercher » ;
  • Le nombre de relations : pour l’algorithme, le critère d’un bon profil est d’avoir plus de 500 relations, cela améliore la visibilité. L’idée est d’ajouter des personnes qui vont constituer notre réseau professionnel, pas nos amis. Pour réseauter et obtenir plus de 500 relations, il faut mettre en place une routine professionnelle et des réflexes : rechercher des gens quotidiennement, ajouter ses nouveaux collaborateur.trices, etc. ;
  • Une partie « Infos » : il s‘agit de la seule partie de LinkedIn où la création est permise. C’est l’accroche du CV qui raconte qui on est, quelles sont nos compétences et quel est notre projet actuel ;
  • Les contenus : liens cliquables et médias ;
  • Les expériences : il s’agit de la copie du CV ;
  • Les compétences et recommandations ne sont utiles qu’en cas de recherche d’emploi.

Pour faire la promotion d’un projet qui aurait sa page, une bonne pratique serait de l’ajouter comme employeur pendant la durée de sa réalisation.

La page

C’est la même chose qu’un profil mais pour une entreprise. Elle se compose d’une photo de profil, de couverture, d’un titre, d’une description et on peut alimenter la page avec différents contenus.

Une page ne fonctionne pas sans des profils qui s’investissent. Les pages entreprises qui sont les plus visibles sont celles qui ont sensibilisé les employé.es et qui ont quelques personnes ambassadrices actives. Ce sont des profils qui ont une régularité et un engagement avec leur premier cercle de relations.

La visibilité d’une page = bons profils + bon réseau.
Attention toutefois à ce que les profils ne fassent pas uniquement la promotion d’une page, il faut varier les infos publiées. L’idée est de nourrir un profil tout en faisant écho à la page.
Il faut trouver une cohérence dans l’algorithme parce que l’activité et la non-activité sont affichées.

Algorithme

LinkedIn préfère les photos (les carrousels fonctionnent bien), les PDF et les contenus qui ne font pas sortir de LinkdIn. Il n’aimera donc pas les liens externes. La vidéo arrive aussi sur LinkedIn.
L’idéal est de publier deux fois par semaine. Maintenant, on peut programmer les posts (en cliquant sur l’émoji horloge).

Conseils :

  • Avoir un calendrier éditorial et programmer les publications à l’avance ;
  • Rédiger des titres accrocheurs (tout en restant juste) ;
  • Utiliser un langage professionnel ;
  • Éviter les liens pour les médias, privilégier les photos avec des liens dans le texte ;
  • Les émojis sont à choisir avec soin (attention aux différentes interprétations) ;
  • Publications à faire en semaine, LinkedIn est très peu consulté le week-end.

Rencontres nationales EAC

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Rencontres nationales EAC

Article rédigé par Marie-Clémentine Narbonnet, Chargée de mission PECA.

Rencontres nationales de l’EAC (Education Artistique et Culturelle) qui ont eu lieu à l’Inseac (Institut National Supérieur de l’Education Artistique et Culturelle du CNAM) les 26 et 27 septembre derniers à Guingamp, en France.

Ce rendez-vous annuel a pour ambition de rassembler les actrices et acteurs nationaux et territoriaux de l’EAC, les réseaux professionnels et les pôles de ressources (professionnel.les, chercheur.euses, étudiant.es, réseaux régionaux et nationaux) autour des questions fondamentales de recherche, de formation, de ressources et de partenariat au service du 100% EAC. (En France, l’EAC est une politique publique qui s’adresse à tous et toutes les habitant.es et pas uniquement aux scolaires. Tout projet EAC requiert la présence d’un.e artiste, d’une équipe artistique ou d’un.e intervenant.e. Les formes mises en place sont souvent des projets longs, incluant plusieurs ateliers de pratique artistique pour les participant.es, les formes plus courtes étant classées dans un champ autre.)

Ces rencontres avaient pour thème « 40 ans de présence artistique à l’école : L’intervention des artistes, à la croisée du partenariat et de la coopération ». Le souhait de participer à ces rencontres étant motivé par le fait de pouvoir avoir un retour sur la mise en place de cette politique, à la fois en termes de bonnes pratiques et d’écueils, pour pouvoir alimenter la réflexion sur le déploiement actuel du PECA (Parcours d’Education Culturelle et Artistique) en Belgique.

Le lancement de ces journées a été marqué par plusieurs prises de paroles, dont celle de Béatrice MACÉ, Vice-Présidente culture, droits culturels, éducation artistique et culturelle de la Région Bretagne, qui a repris le slogan du Conseil régional que je trouve très adapté à la philosophie de l’EAC : « ne pas travailler en solo et ne pas travailler en silo » pour favoriser la co-construction entre les acteurs, actrices d’un territoire et travailler en transversalité entre les politiques publiques au bénéfice des habitant.es.

Pour ma part au sein du foisonnant programme proposé à l’occasion de ces rencontres, j’ai suivi deux tables rondes sur :

  • « L’école du partenariat, l’artiste intervenant, maillon fort de la chaîne de coopération de l’EAC » ;
  • « L’intervention et ses médiations : qu’est-ce qu’intervenir veut dire ? ».

De ces échanges, j’ai retenu pêle-mêle les pistes de réflexions ci-dessous qui me semblent intéressantes à prendre en compte dans le cadre du PECA :  

  • Dans le cadre scolaire, l’enseignant.e a un rôle de passeur, passeuse culturel.le, sorte de traducteur.trice entre le monde de l’institution scolaire, le monde des élèves et le monde culturel. Cela requiert un important travail d’écoute et d’accompagnement de la part de l’enseignant.e qui doit être au centre des projets EAC.
  • Témoignage de la directrice artistique d’une compagnie de théâtre qui revient sur l’importance de la rencontre avec les publics en amont du projet EAC pour partager le processus de création et ses intuitions. Selon elle il est primordial pour l’artiste de rester dans le vivant de l’œuvre, quel que soit la discipline, et de partager à travers ce processus ce qu’il, elle est, le but n’étant pas le résultat final mais le fait d’être ensemble « dans le faire ». L’artiste n’a pas à être garant.e d’un objet final ou d’un attendu pédagogique, mais doit être le, la garant.e d’un processus artistique ou culturel.
  • De même, elle explique être souvent considérée comme une artiste (quelqu’un qui créé) en amont des projets, puis être perçue ensuite comme une intervenante, voire une pédagogue, en fin de projet, ce qui la renvoie à une finalité, des fondamentaux, des évaluations. Alors que selon elle il est primordial de laisser sa place à chacun.e afin que les artistes, les enseignant.es, les animateurs.rices… puissent offrir différentes visions et différents champs des possibles aux élèves. Les projets EAC sont là pour réunir des acteurs, actrices dont les objectifs ne sont pas les mêmes. Il faut respecter cela et ne pas chercher à définir des objectifs et une finalité commune.
  • L’école n’est pas adaptée à toutes les pratiques, mais l’enjeu des projets EAC est justement de permettre toutes ces pratiques dans ces lieux non adaptés.
  • Importance aussi que l’œuvre soit partagée à la fois par des publics scolaires et non scolaires, donc d’ouvrir par exemple des séances scolaires à d’autres publics (habitant.es qui ne peuvent pas aller au théâtre le soir…) ou faire venir des scolaires aux séances tout public. L’important étant que les différents types d’habitant.es vivent ensemble une expérience artistique et culturelle, puissent se rencontrer à cette occasion, éventuellement en débattre…
  • Idée également que les tiers-lieux puissent être des moments de l’EAC, un processus, et pas forcément un lieu physique.
  • Importance de la pratique et du temps long pour faire adhérer les enfants à l’EAC et dans ce cadre les classes à horaires aménagés semblent un dispositif intéressant (danse, musique, théâtre et depuis peu arts plastiques) parmi d’autres.
  • Sur la notion de temps long, présentation également d’un dispositif classe architecture mis en place par un enseignant sur quatre années scolaires avec les mêmes élèves qui a permis de faire de l’architecture une alliée des apprentissages scolaires (aller en ville prendre des mesures et des grandeurs, description architecturale qui est utilisée en lien avec l’oralité et la langue, notion de structure qui est mise en lien avec le sport et le corps humain…) et qui permet également aux enfants de sortir de l’école, d’aller découvrir des lieux et de rencontrer des professionnel.les (architectes, archivistes, artisan.es, médiateurs, médiatrices du patrimoine, artistes…).


Retrouvez le programme de ces journées


Écoutez les enregistrements des différentes tables rondes

Formation – Diversité : cadre légal fédéral

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Groupe de travail diversité

Formation – Diversité : cadre légal fédéral

Article rédigé par Madeleine Pierloot, Adjointe à l’administration du réseau.

Organisme organisateur : Bruxeo

Organisme formateur : Unisoc

Formateur : Saygin Mehmet, conseiller juridique.

Date de la formation : 24 septembre 2024.

Cette deuxième rencontre du groupe de travail diversité a été l’occasion de définir le cadre légal fédéral, volet civil, concernant la diversité et la non-discrimination.

Au vu de la complexité institutionnelle de la Belgique, il est important d’insister sur le fait que les points abordés ci-dessous concernent le niveau fédéral. La législation au niveau régional et plus spécifiquement au niveau de la Région bruxelloise, est sensiblement similaire à quelques éléments près. Si vous souhaitez de plus amples informations concernant la légalisation spécifique à la Région bruxelloise, nous vous redirigeons vers Bruxeo .

À propos de ses origines, le mot diversité prend sens grâce aux décrets et législations, mais n’a pas de définition juridique à proprement parler. Si la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne utilise ce mot, elle ne le définit pas et ne donne que 3 critères (culturel, religieux et linguistique) sur les 29 définis aujourd’hui par la législation fédérale belge.

En Belgique, la Loi anti-discrimination, la loi antiracisme et la loi genre ont été rédigées en 2007. Depuis, des décrets régionaux et communautaires, le code bruxellois – qui d’ailleurs, devance le fédéral sur ce point -, des dispositions éparses telles que le Code pénal, le Code pénal social et le Code bien-être au travail, ou encore des CCT intersectorielles, 38 et 95, ont vu le jour et ont construit le cadre autour de cette question de diversité et d’anti-discrimination.

Aujourd’hui, au niveau civil, il existe 4 étapes d’analyse pour définir une discrimination au niveau juridique :

  1. Cela concerne-t-il un des 29 critères protégés ?
    Ceux-ci ont dernièrement été revus. Les sous-catégories du critère « sexe » ont été définies comme critères à part entière par la Loi du 15 novembre 2022.
  2. Cela concerne-t-il le champ d’application de la loi ?
    La loi n’est applicable qu’à certains moments et certains endroits (biens et services accessibles au public, enseignement, sport, emploi, etc.).
  3. Les comportements sont-ils définis comme interdits ?
    Il en existe 5 : discrimination directe, indirecte, injonction de discriminer, harcèlement, refus d’aménagement raisonnable.
  4. Une justification précisant une raison objective et raisonnable existe-t-elle ?
    Sur ce point, tout est affaire de qualité de justification et de recevabilité devant un juge. Ces justifications sont prévues par la loi.

Il faut avoir répondu oui aux 3 premières questions et non à la dernière pour qu’il y ait discrimination au sens juridique.

Parmi les évolutions récentes de cette législation, la loi du 20 juillet 2022 redéfinit le critère « état de santé actuel ou futur » en « état de santé » de manière à protéger aussi le passé médical.

Celle du 15 novembre 2022 élargit, entre autres, les responsabilités familiales afin de prendre en compte l’adoption, la paternité, la comaternité, mais aussi au sens plus large, les « personnes qui ont des responsabilités à l’égard des enfants à charge ou d’enfants domiciliés avec elles, ou ont des proches qui ont besoin d’une forme d’assistance ou de soin de type social, familial ou émotion ».

Aussi, une révision transversale de la Loi a été réalisée le 28 juin 2023 pour apporter la notion de discrimination multiple et ancrer la notion de discrimination par association et de discrimination fondée sur un critère supposé, deux notions déjà présentes dans la jurisprudence.

Ces modifications montrent une volonté d’ouvrir à la diversité en redéfinissant les critères qui définissent notre identité, en partant des limites corporelles pour les dépasser. La définition de la discrimination par association permet de prendre en compte des cas où la discrimination n’est pas fondée sur un critère personnel à l’individu mais à son entourage.

Nous concluons en précisant que si la législation existe, elle n’est souvent pas ou peu connue, ce qui crée une incapacité d’action dans les situations réelles. Les meilleurs outils contre cela, restent l’information, la formation et la prévention.

Dans le milieu du travail, la question de la diversité doit être questionnée collectivement et non pas individuellement, afin de créer les outils – charte, règlement de travail,…  – à l’image de la structure. Pour ce faire, il existe des accompagnements et des outils tels que Bruxeo et le plan diversité d’Actiris.