L’onglet “Découvertes et partages” rassemble les comptes-rendus et ressources que l’équipe de La Concertation souhaite partager. Vous y trouverez des exemples d’expériences inspirantes, des informations issues de formations, des liens utiles, etc. pour vous accompagner dans votre quotidien professionnel.
Article rédigé par Marie-Clémentinne Narbonnet, coordinatrice de la mission PECA à Bruxelles, et Mélanie Barré, chargée de projet – animatrice.
Marie-Clémentine et Mélanie ont participé à la biennale CO-construire à Tournai du 2 au 4 juillet 2025. Organisée par Culture.Wapi ASBL (agence culturelle de Wallonie picarde), le CRIE (Centre régional d’initiation à l’environnement) de Mouscron, COOPTIC Belgique et BEMUST, cette formation permet de vivre 3 jours d’immersion à la coopération, avec des formats, outils et méthodes d’intelligence collective ; qui cette année était axée sur la thématique du rapport au Vivant.

La 1ère journée nous a permis de participer à un démarrage collectif, de prendre connaissance du groupe dans lequel nous avions été réparti·es et de participer à des ateliers autour de la thématique (Re)devenir sensible, (re)faire attention, puis Décrire, enquêter, nommer.
Atelier 1 (suivi par Marie-Clémentine, Coordinatrice du PECA) – Tisser des liens entre vivants, Eric LUYCKX, Savoirs Racines | la fabrique d’autonomie locale
Cet atelier avait pour but de nous donner un éclairage pour plonger dans la pensée systémique à travers l’exemple de la permaculture, afin de percevoir nos interdépendances avec le Vivant. Ressentir, comprendre, se reconnecter et tisser consciemment notre place dans les écosystèmes. Le but pour moi était double, à la fois en apprendre plus sur la pensée systémique, mais également via cet exemple prendre du recul pour mieux identifier les interdépendances possibles au sein du système PECA, analyser comment les interconnecter à l’échelle du bassin de Bruxelles-Capitale et travailler la notion de qualité des interactions pour participer à rendre le système PECA plus efficient.
Au cours de cet atelier, Laurent nous a invité à nous pencher sur différentes espèces animales et végétales, préalablement cueillies ou séchées. A l’aide d’une loupe et de ces explications, nous avons fait un premier pas pour porter attention aux espèces environnantes.
Atelier 1 (suivi par Mélanie) – Atelier d’observation fine, donné par Laurent Marseault de l’organisation Secoueur de Cocotiers
Au cours de cet atelier, Laurent nous a invité à nous pencher sur différentes espèces animales et végétales, préalablement cueillies ou séchées. A l’aide d’une loupe et de ces explications, nous avons fait un premier pas pour porter attention aux espèces environnantes.
Atelier 2 (suivi par Marie-Clémentine) – Metablob : un podcast d’enquête qui questionne la place des arts dans l’éducation aux transition, Anne-Lise Lisicki, L’Institut Agro – Campus de Florac | L’Institut Agro Montpellier
L’atelier présentait le projet de podcast Metablob, qui regroupe différentes approches expérimentées par les enseignant·es d’Education Socioculturelle dans les établissements de l’Enseignement Agricole, à travers des projets où elles et ils proposent aux jeunes, par les arts, des conditions pour renouer avec le Vivant.
Le but pour moi était ici d’avoir un exemple documenté pour illustrer la pertinence de passer par les arts et la culture pour amener dans les écoles des projets d’éducation à l’environnement et plus globalement d’éducation aux transitions.
À noter : l’enseignante avait choisi une thématique qui n’a pas intéressé les élèves. Les étudiants ont eux et elles-mêmes décidé de la réorientation du projet. Cet exemple montre à quel point le fait de passer par le sensible et les arts peut permettre aux enseignant·es de capter l’attention de leurs élèves et rendre le débat possible sur des sujets jusqu’à présent difficiles à aborder et de créer un cadre de confiance et de mise en réflexion personnelle extrêmement enrichissant dans la relation profs-élèves et au-delà.
Atelier 2 (suivi par Mélanie) – Comment explorer les dynamiques du vivant par les constellations systémiques ? par Marie-Hélène Elleboudt, de Faciliyo
Dans cet atelier Marie-Hélène nous a proposé d’appliquer le système des constellations systémiques à l’environnement et aux dynamiques de territoire. L’objectif étant de pouvoir utiliser cet outil pour amener le Vivant dans les questions urbanistiques. N’étant pas familière avec le système de constellation systémique, j’ai suivi les pistes et indications qui m’étaient proposées, laissant la spontanéité et l’intuitif prendre le relais sur le cérébral, pour explorer mon propre rapport au Vivant. C’était une plongée introspective assez inattendu dans ce contexte.
La thématique de la 2e journée était Coopérer, négocier, s’allier.
Atelier 3 (suivi par Marie-Clémentine) – Droits de la Nature : atelier immersif pour repenser notre lien avec le Vivant, par Gaël Defins de Wild Legal
Cet atelier fut très instructif sur le système juridique français et le cadre existant actuellement pour protéger le Vivant. Il nous a permis de dissocier le droit de l’environnement du droit de la Nature, également de comparer avec le système en place en Belgique et enfin de voir comment le fait de ne pas reconnaître des droits à la Nature peut avoir un impact fort à la fois sur les vivants autres qu’humains mais également les vivants humains (pollution chimique, pesticides, qualité de l’eau…).
L’action de Wild Legal se concentre sur la mise en place de modalités d’action au niveau local, afin de faire en sorte que les habitant·es s’identifient au patrimoine naturel qui les entoure (fleuve, rivière, forêt, faune…) et deviennent ainsi acteur·ices pour définir collectivement un cadre de protection. La comparaison avec la Culture et les droits culturels concernant la participation et l’appropriation par les habitant·es me semble un sujet très intéressant à continuer de creuser.
Atelier 3 (suivi par Mélanie) – Le vivant par l’entraide des quartiers populaires, par Vincent Boutry de l’Université Populaire et Citoyenne de Roubaix
C’est à partir des stéréotypes que nous avons vis-à-vis des classes populaires que la discussion s’est construire : comment retourner les « stigmates » que portent les classes populaires, pour trouver des ressources face à la crise climatique ? Comment les systèmes d’entraides et les économies de subsistances deviennent des leviers pour induire des changements ?
Atelier 4 (suivi par Marie-Clémentine) – Comment la culture peut nous relier au Vivant, par Thibault Galland de Culture et Démocratie
Un temps durant lequel les participant·es ont été invité·es à se questionner à travers différents sujets par le biais d’articles sur la relation existante entre la Culture et le Vivant.
Pour ma part j’ai choisi le lien avec le patrimoine à travers un article de David Irle portant sur les pertes culturelles liées au changement climatique (vous pouvez retrouver un extrait sur le podcast ci-après : Les pertes culturelles liées au changement climatique).
Cet atelier m’a permis de continuer la réflexion amorcée précédemment. En effet, à travers les crises climatiques que nous traversons et qui sont amenées à s’intensifier, nous assistons à la disparition de patrimoines, qu’ils soient bâtis, immatériels, vivants… et cela révèle à travers la perte vécue les liens forts existants entre Nature et Culture, patrimoines naturels et culturels. Cela nous amène à repenser la question au prisme des droits culturels, comment anticiper les pertes qui vont advenir et comment faire culture ensemble et se réinventer collectivement des patrimoines à partir des changements à venir.
Atelier 4 (suivi par Mélanie) – La méthode de la représentation par la chaise vide, par le collectif Le Lichen
Un outil pratique à retenir de ces rencontres ? La méthodologie de la chaise vide pour faire entendre une voix qui n’est pas présente. Le cadre posé ici permet de parler « au nom de » en conscience de la parole portée. Celui qui s’assoie sur la chaise se déplace, prend une respiration et nomme ce qu’il ou elle va représenter. On peut nommer à l’avance ce qui est représenter sur la chaise : les arbres, le vivant, les océans, les jeunes, les travailleurs et travailleuses, les habitant·es… et ainsi utiliser l’outil dans différents processus de réflexion.
Le risque de cet outil ? Prendre la parole à partir de stéréotypes et simplifier les vécus des personnes ou des entités représentées.
Une piste ? Multiplier les prises de paroles et être dans un registre lié au sens.
Pour plus de détails, retrouver la fiche méthode ici.
L’après-midi de cette 2e journée nous a permis de tester une méthode imaginée par le collectif Le Lichen autour de La Concertation des Vivants.
Cette méthode permet de représenter et faire dialoguer les intérêts des vivants humains et autres qu’humains autour d’une problématique territoriale ou organisationnelle. Dans notre cas, nous avons pu nous mettre en action à partir d’un projet à venir pour le réaménagement de la plaine des manœuvres située, juste à côté de la maison de la Culture de Tournai.
Pour cela nous avons été réparti·es en plusieurs groupes, représentants plusieurs espèces de vivants autres qu’humains et humains, afin d’identifier les intérêts de chacun·e et ainsi arriver à proposer un projet pour le réaménagement de la plaine des manœuvres prenant en compte les intérêts des différentes espèces.
Le dernier jour était consacré à une conférence de Sophie Gosselin, philosophe, autour de la thématique Habiter la terre en commun, à laquelle nous n’avons pas pu assister. Pour plus d’informations sur ce sujet, vous pouvez vous reporter à l’ouvrage de Sophie Gosselin et David gé Bartoli La Condition terrestre.
Au cours de ces trois jours d’ateliers et rencontres, nous avons pu découvrir différents outils qui nous ont souvent sorties de notre zone de confort, nous faisant emprunter des chemins de réflexions inhabituels, moins pragmatiques, faisant plus appel à notre instinct qu’à notre raison. De retour à Bruxelles, la question du lien Vivant s’infuse. Ce Vivant qui parait bien loin, comment intervient-il dans nos pratiques de médiation et d’action culturelle ? Quelle chaise occupe-t-il ?









