PUNCH

Créé en 2015, le groupe de travail appelé PUNCH (Pour Un Numérique Critique et Humain) est une plateforme d’action sur le cycle numérique composé de La Concertation – Action Culturelle Bruxelloise, Action Médias Jeunes, le Centre Librex, le CESEP, le CFS-ep, Culture & Démocratie, le GsaraPrésence et Action Culturelles (PAC) Régionale de Bruxelles la Maison du Livre, et PointCulture Bruxelles.

PUNCH initiE une série de conférences sur le numérique afin de mettre en place une dynamique pour que tout le secteur puisse s’approprier de manière créative les problématiques liées à l’environnement numérique.

Numérique de terrain - Reprendre la main face à la digitalisation du monde

Rencontre organisée par le collectif PUNCH et le collectif solidarité contre l’exclusion.

Vendredi 15 décembre 2023 de 9h à 13h30 au CFS ASBL : rue de la Victoire, 26 - 1060 Saint-Gilles
Inscriptions : ep@cfsasbl.be

Lors de cette rencontre, nous regarderons de près l’application REDI (REvenu DIgne).

Cette application web est censée être une aide pour déterminer le budget nécessaire pour qu’une personne puisse vivre dignement. Le SPP intégration sociale a décidé en 2022 de financer l’implémentation de cet outil dans tous les CPAS qui le souhaitent, sous forme d’un projet pilote prévu jusque fin 2024.

Cette application ne va pas « tout changer ». En effet, aucun CPAS n’est obligé de l’installer et aucun travailleur social n’est obligé de le consulter ou de suivre ce qu’il préconise s’il le consulte. Ça ne devrait pas poser de problèmes et pourtant… Si ce projet n’est pas une révolution, il permet de mener une certaine politique sociale sans devoir la défendre, cachée derrière la prétendue objectivité d’un simple « outil ». En ce sens, il est représentatif du développement du numérique et de la difficulté à établir des prises.

Notre proposition est de se donner la place pour justement problématiser cet outil, non pas dans le monde des idées mais sur le terrain. Qu’est-ce qu’il implique, quels sont les effets qu’il produit ?

Dans le monde réel, cela suscite une série de questions. Par exemple, si une application est financée par l’Etat, installée, si le personnel est formé à son utilisation, il n’est pas si simple de ne pas l’utiliser. Si on veut déterminer quel est le budget dont quelqu’un a besoin pour vivre, il faut que quelqu’un décide ce qui en fait partie et ce qui en est exclu. Si on veut calculer ce budget, il faut des informations très intrusives sur les personnes. Si on veut l’actualiser, il faut que quelqu’un puisse changer les paramètres.
Il nous semble intéressant de regarder comment l’application REDI se met en place et comment elle est financée. Comment elle est programmée, ce qu’elle prend en compte ou pas, comment cela se déploie sur le terrain ? Le type de statut qu’elle reçoit (au début c’est juste un outil de consultation, mais comment ne pas suivre ses préconisations alors qu’il bénéficie d’autant d’investissement humain et matériel ?). Quel type d’utilisation est envisagé (par exemple, qui pourra à l’avenir modifier les paramètres, ajouter des critères…) ?

Notre objectif est d’une part arriver à repérer ce que REDI modifie, mais d’autre part tenter de mieux cerner le mode d’implémentation de ce genre d’outils. Essayer de comprendre où et comment on pourrait générer des prises sur ce type de réformes de plus en plus courant.

D’un point de vue pratique, nous proposons de diviser la matinée en deux parties :
D’abord comprendre ce que propose l’application, mais aussi comment elle est présentée, par qui, comment elle est utilisée pour le moment. Avec notamment les présentations de Yves Martens-Honoré (collectif solidarité contre l’exclusion) et Marc Di Bello (conseiller CPAS d’Arlon). Dans un deuxième temps, on voudrait rédiger ensemble une série de points qui nous paraissent importants à débattre. L’idée est d’envoyer ce mémo partout et de tenter de lancer le débat qui n’a pas eu lieu.

Bienvenue !

Cycle numérique

Il y a quelque temps, interroger la digitalisation du monde était une question spéculative : on tentait d’imaginer la forme qu’elle pourrait prendre, et ses éventuelles conséquences. Quand le groupe PUNCH (Pour Un Numérique Critique et Humain) a commencé à s’intéresser aux changements que la numérisation allait produire dans la société, cela relevait d’un travail sur toute une série de « nouvelles pratiques ».

Aujourd’hui, il nous semble qu’il est temps de faire une sorte de retour d’expérience.

D’une part parce que le numérique est dans notre quotidien. Non plus une étrange et mystérieuse promesse, mais un élément banal. La présence du numérique n’a plus rien d’étonnant, c’est au contraire lorsqu’on se retrouve « sans réseau » que la situation paraît exceptionnelle.

D’autre part parce que nous avons beaucoup plus de savoirs sur ce qu’implique l’utilisation des machines digitales, mais ce savoir est à la fois peu visible, puisqu’il n’a plus rien de spectaculaire, et aussi – c’est peut-être là l’essentiel – peu mis en valeur, parce qu’issu de la pratique, du terrain, de métiers souvent déjà peu valorisés : infirmières, travailleurs sociaux, animateurs des EPN, mais aussi chacun d’entre nous dans notre quotidien…

La question est de comprendre ce que le numérique rend possible, et ce qu’il rend impossible ou très difficile. Quels sont les agencements réels avec l’économie, mais aussi avec les problématiques DRH du management, avec la privatisation… ?

On voit déjà bien ce que produit la numérisation, mais l’intérêt est d’en proposer autre chose qu’un simple retour utilisateur : poser l’importance de l’expérience, de plus en plus contestée par des savoirs formalisés, évaluables, communicables… et poser cette importance non pas comme une marque de nostalgie, mais comme une production de nouveaux savoirs.

Le cycle s’adresse aux travailleurs du secteur culturel au sens large
mais est bien entendu également ouvert à tout public intéressé par ces
questions.

 “Bruxelles numérique : une mesure discriminatoire”


Carte blanche publiée dans La Libre le 14 novembre 2022, signée par 200 associations, institutions et services sociaux actifs à Bruxelles.

Les signataires y déclarent notamment : « Nous demandons aux autorités régionales et communales de mettre en place les moyens nécessaires pour assurer un service de qualité via la présence d’un nombre suffisant de guichets physiques accessibles à toutes et tous. Nous dénonçons la dématérialisation irréfléchie des services. Une telle réforme est de nature à transformer radicalement les liens qui nous lient les uns aux autres et qui font qu’ensemble nous faisons société. Cette question mérite de faire l’objet d’un large débat public ».

Cette carte blanche est parrainée par quatre chercheurs et professeurs qui ont étudié la problématique de la digitalisation des services et qui ont mis en évidence l’importance des guichets pour accéder aux droits :

  • Périne Brotcorne, chercheuse au CIRTES, UCLouvain ;
  • Elise Degrave, professeure à la Faculté de droit de l’Université de Namur ; 
  • Andrea Rea, professeur à l’Université libre de Bruxelles ;
  • Vincent Yzerbyt, professeur de psychologie sociale et culturelle à l’UCLouvain.

Plus d’informations sur cette carte blanche sont disponibles ici.