Deux grands paradoxes bruxellois ont été formalisés. Bruxelles, deuxième ville la plus cosmopolite au monde et en même temps ville aux multiples frontières internes, traversée/marquée par de nombreux cloisonnements. Bruxelles, faite de proximités chaleureuses et en même temps ville traversée par la négativité ou la méfiance (les fameux regards).

Deux enjeux majeurs et imbriqués se sont révélés.

COSMOPOLITISME ASSUMÉ & AGISSANT

Transformer un cosmopolitisme bruxellois de fait, qui reste en grande partie inactif, passif, non assumé, en un cosmopolitisme assumé, agissant, conscient, désiré.

BRUXELLITÉ POSITIVE & PROACTIVE

S’appuyer sur les ressources humaines et symboliques de Bruxelles pour dépasser les regards négatifs, les méfiances réciproques et aller vers une appartenance bruxelloise positive et proactive.

Ce double enjeu majeur entraînait plusieurs défis.

FRONTIÈRES CONCRÈTES ET SYMBOLIQUES

Amener les personnes à oser franchir des frontières concrètes et symboliques, à pousser des portes qu’elles n’ont jamais poussées, à quitter leur « village » pour d’autres quartiers, d’autres coins.

ÉMANCIPATION DES IDENTITÉS ET HYBRIDATION DES PRATIQUES

Sortir des identités enfermantes pour valoriser des parcours singuliers, des ruptures créatives, à travers des pratiques favorisant l’hybridation, soit les pratiques intergénérationnelle, inter-genre, interculturelle, privilégiant une reconnaissance réciproque et une mixité permanente.

Cela renvoie aussi aux injonctions véhiculées par les cultures dominantes d’où qu’elles viennent, marquées par des appartenances sociales, religieuses et culturelles. Nécessité de rendre la diversité culturelle davantage visible, tout en sortant des identités « meurtrières », pour valoriser l’expression de singularités, l’invention de chemins personnalisés, la possibilité pour chaque personne
de s’inventer un parcours et d’oser se dire. Travailler à faire « exploser » les différents enfermements vécus. Telle est bien la finalité du socioculturel : s’arracher aux déterminants, faire émerger des singularités. Cette perspective amène à envisager plus spécifiquement deux autres défis.

FEMME INDIVIDUELLE & COLLECTIVE
(PROMOTION DES LIBERTÉS)

Promouvoir la femme individuelle et aussi la femme collective dans le sens d’une promotion des libertés, en particulier dans les lieux publics : liberté et sûreté des femmes en rue.

LUTTE CONTRE TOUTE FORME D’ISOLEMENT ET LA PRÉCARITÉ

Aborder la question de la précarité, de l’isolement (isolement des âges, isolement lié à l’addiction numérique, isolement lié à la misère économique, etc.) amenant les Centres culturels à poursuivre comme perspective la reliance, en favorisant des visions positives sur Bruxelles, en suscitant une dignité bruxelloise. D’où l’intérêt de créer des espaces citoyens autour de la construction de « communs », de biens communs dans lesquels peuvent s’envisager des démarches créatives et collaboratives, hors de ce qui paralyse la pensée.