Lettre du Nouvel An par Denicolai & Provoost
13 février 2026 – Lettre du Nouvel An

Lors du NieuwjaarsDRINK du Nouvel An, les artistes partagent leurs vœux pour la nouvelle année avec le secteur. Lisez la lettre de Denicolai & Provoost (duo d’artistes).
Gelukkig Nieuwjaar iedereen,
(NED) Er zijn veel « luxeproblemen » vandaag als je de politieke klasse mag geloven van onze zogezegde democratische samenlevingen, van onze diep ingeslapen Westerse welvaartsstaten.
Het eerste luxeprobleem is dat denken, praten, en discussiëren over kunst en cultuur vandaag zo ‘mondain’ klinkt in de dreigende schaduw van de immer stijgende staatsschuld, de overrompeling van onze contreien door illegale vluchtelingen, criminelen en terroristen in combinatie met de hoogste tik-tok-nood om ons opnieuw te bewapenen met Amerikaans tuig. Niets te maken dus met alle humanitaire en ecologische catastrofes die zich afspelen ten gevolge van een totaal ontregelde wereldorde.
(FR) Et n’évoquons surtout pas les plus de 70.000 morts à Gaza, victimes du génocide perpétré contre le peuple palestinien, cautionné par nos gouvernements, et dont les répercussions se feront ressentir pendant des générations.
Même jusqu’ici, dans l’humidité de notre marécage, avec l’accumulation de toute cette incompétence politique bruxelloise et ses conséquences désastreuses pour l’art, la culture, l’éducation, la santé – bref, pour toute la société civile qui en dépend.
La fermeture sans aucune concertation de La Centrale for contemporary art, le doute qui plane sur Kanal, la fermeture annoncée de la Médiathèque Nouvelle, et j’en passe. Tout cela reste insignifiant, car cela n’intéresse que les profiteureuses, les rêveureuses drogués et une minorité privilégiée.
(NED) Het wordt niet beter als we wat uitzoomen tot op het nationale niveau. Het Genante politieke spelletje met M hka. Het dreigen met een degradatie van museum tot kunstencentrum. Het verschuiven van een openbare verzameling van één stad naar een andere, alsof het om één of ander gezelschapsspelletje gaat. Allerlei verenigingen zien hun beloofde subsidies ingetrokken worden zoals Lichtekooi in Antwerpen of Gilbard in Brussel om er maar twee te noemen. Het blijven details bij wat zich dagelijks afspeelt in de Westbank, in Gaza, Oekraïne, Congo en Soedan, etc…. Ver-van-onze-bed-shows met alleen maar linkse kijkcijfers. Nu is het blijkbaar hoog tijd voor een sterker Europa, met dichtgeknepen grenzen en een opgefriste defensie om de vrede te bewaren, binnen onze muren. De rest kan de pot op, de boom in, de zee terug in, de grens over. « On va gérer comme des ingénieurs, pas comme des poètes. »
(FR) Depuis nos débuts en tant que duo d’artistes en 1998, nous avons vu surgir de nombreux « problèmes de luxe ». Pas immédiatement, non. Au départ, nous étions encore dans le sillage d’une politique culturelle ambitieuse, non seulement en Belgique, mais aussi dans d’autres pays européens. Il existait divers programmes post-diplôme pour les jeunes artistes, de nombreux ‘artist run spaces’ et des centres d’art. Les musées disposaient de ce qu’ils appelaient alors des « project rooms » pour offrir aux jeunes artistes des opportunités en parallèle de leurs expositions avec des artistes plus connu·es. Les collections publiques acquéraient régulièrement des réalisations de jeunes artistes. Bien sûr, l’argent n’était pas toujours abondant, ni distribué à tout le monde.
(NED) De diversiteit tussen kunstenaarsinitiatieven, vzw’s, kunstencentra, musea en galerijen is nodig voor een rijk ecosysteem op verschillende institutionele schalen. Een biotoop waar in theorie elke speler een plaats kan vinden.
Toen was het plotsklaps « happy hour » voor de Lehmann-Brothers met de financiële crisis van 2008. Sindsdien zagen we verschillende tentoonstellingsvenues de boeken neerleggen. In verschillende centra hebben we deelgenomen aan hun laatste tentoonstelling. We voelden ons als een ijsbeer die van de ene ijsschots naar de ander moest springen.
(FR) Les jeunes qui commencent actuellement des études artistiques ou qui se lancent dans le milieu fragile des travailleureuses de l’art, sont très courageuxses.
Car en plus d’hériter d’un monde instable et fluctuant dont iels n’ont pas fait le choix, elleux s’apprêtent à s’engager dans une voie que nos politiques actuelles définissent d’inutile, de futile.
Oui, il faut du courage pour continuer à affirmer le faire commun, le partage, la coopération, les symbioses, la diversité des liens, les interdépendances, les écosystèmes de pensée.
Pour continuer à défendre la nécessité d’un temps ‘non productif’, qui résiste au culte de la performance, de l’efficacité et de la productivité. Pour s’engager dans un chemin qui offre de moins en mois de possibles d’en vivre dignement et qui est de plus en plus volontairement pénalisé au profit du Profit.
(NED) Volgens Pasolini was het fascisme niets meer dan een groep criminelen aan de macht, die uiteindelijk niets bereikten. Hij betoogt dat de standaardisatie van de burgermaatschappij, die Mussolini’s fascisme niet wist te bewerkstelligen, wél succesvol en snel werd gerealiseerd door de consumptiemaatschappij nadien– die hij definieert als het ware fascisme. Dit werd bereikt door de diverse specifieke realiteiten te vernietigen en de essentie van verschillende manieren van mens-zijn uit te wissen.
(FR) Pour le dire aujourd’hui avec Olivier Hamant : « La révolution à venir est profonde. Il va falloir embarquer tous les humains dans un monde contraire à celui que nous vivons actuellement : il s’agira de basculer du « toujours plus » vers « moins mais mieux » . Et les arts et les artistes, malgré que l’on veuille nous faire croire l’inverse, font partie de ce mieux. Less was more, less is better.
Nous vous souhaitons la rage et la joie nécessaire pour continuer à faire et à dire, et à rester solidaires.
Bonne année à toustes !
Denicolai & Provoost
À propos de Denicolai & Provoost
Denicolai & Provoost travaillent ensemble depuis 1997. Artistes pluridisciplinaires, iels proposent volontiers des protocoles collaboratifs et processuels, parfois sur le long terme, parfois sous forme de performances ponctuelles, qui impliquent des complicités et des collaborations avec des acteurices qui ne sont pas nécessairement liés au monde de l’art.
Iels choisissent de composer avec le réel, de faire avec ce qui existe, plutôt que de le représenter. Iels empruntent volontiers des éléments existants dans un contexte pour les associer, les dissocier, les assembler et les inscrire dans un nouveau scénario.
C’est cette position de l’intermédiaire qui les intéresse le plus. Quel est le rôle de l’artiste dans la cité ? Dans l’intimité esthétique et politique de leur processus de digestion artistique, Denicolai & Provoost questionnent la liberté donnée aux artistes dans nos sociétés occidentales, dites démocratiques.
En 2024, iels ont représenté la Belgique à la 60ème Biennale de Venise avec le scénario « Petticoat Government », travail du collectif Denicolai & Provoost · Antoinette Jattiot · Nord · Spec uloos.